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Sénégal : Vent de réformes et de tensions autour de la réécriture constitutionnelle

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L’Assemblée nationale sénégalaise s’attelle dès aujourd’hui à l’examen crucial du projet de révision de la Loi fondamentale. Réunis en commission, les parlementaires de la majorité et de l’opposition se penchent sur ce texte majeur afin d’y apporter d’éventuels ajustements. Cette étape législative est le prélude d’un vote décisif prévu en séance plénière lundi prochain.

Toutefois, les débats s’ouvrent dans une atmosphère de méfiance, alimentée par des divergences apparentes entre la mouture initiale de la présidence et les modifications introduites par les élus de la majorité parlementaire (Pastef).

Un rééquilibrage institutionnel affiché

Sur le papier, le projet ambitionne de consolider l’État de droit et de redéfinir l’équilibre des pouvoirs au sommet de l’État. Parmi les innovations phares figure la refonte de la plus haute instance juridique du pays : l’actuel Conseil constitutionnel céderait sa place à une Cour constitutionnelle. Cette nouvelle entité verrait son effectif passer de sept à neuf magistrats, nommés pour un mandat unique de six ans.

Pour garantir une plus grande neutralité, le chef de l’État ne détiendrait plus le monopole des nominations, puisque le président de l’Assemblée nationale obtiendrait le pouvoir d’en désigner trois.

Le texte propose également d’autres ruptures majeures avec les pratiques politiques traditionnelles :

Renforcement du Premier ministre : Les attributions du chef du gouvernement se voient nettement élargies.

Fin du cumul des mandats :La fonction de président de la République deviendrait incompatible avec la direction d’une formation politique.

Contrôle parlementaire accru : Les prérogatives de l’Assemblée nationale seraient renforcées, notamment par la capacité d’auditionner des personnalités publiques via des commissions d’enquête.

La crainte de modifications de dernière minute

Bien que cette réforme émane des conclusions des assises de la justice de 2024 et du dialogue national de 2025, le consensus initial semble fragilisé par les rivalités politiques actuelles. Plusieurs observateurs et parlementaires expriment des réserves face à de possibles amendements unilatéraux intégrés par les députés du Pastef.Les tensions se cristallisent notamment autour de l’article 57, qui octroierait au Premier ministre la prérogative de nommer aux fonctions civiles, un domaine historiquement réservé au président.

Face à ces zones d’ombre, l’opposition exige désormais la transparence totale et réclame la publication officielle de l’avis du chef de l’État sur la version finale du texte soumis aux députés.

beninnews.bj, l’information autrement.

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