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Addis-Abeba : le Bénin partage son expérience industrielle avec les décideurs africains

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Romuald Wadagni présente l’expérience béninoise comme une voie possible pour l’industrialisation de l’Afrique

Invité d’honneur d’une retraite stratégique d’Afreximbank à Addis-Abeba, le président béninois Romuald Wadagni a partagé la vision du Bénin en matière de transformation économique. Entre plaidoyer pour une industrialisation durable et présentation du modèle de la Zone industrielle de Glo-Djigbé, le chef de l’État a exposé les défis du continent et les pistes pour les surmonter.

Le Bénin entend désormais prendre part aux grands débats qui façonnent l’avenir économique du continent. En déplacement à Addis-Abeba, en Éthiopie, le président de la République Romuald Wadagni a multiplié les échanges avec des acteurs majeurs du développement africain, notamment les responsables d’Afreximbank et les autorités éthiopiennes.

Invité d’honneur de la retraite stratégique de la banque panafricaine, le chef de l’État béninois a été appelé à partager l’expérience de son pays sur les enjeux liés à l’industrialisation. Face à des décideurs publics, des financiers et des opérateurs économiques venus de plusieurs pays africains, il a livré une analyse des difficultés qui freinent encore la transformation industrielle du continent.

Lors du panel inaugural consacré aux défis de l’industrialisation en Afrique, Romuald Wadagni a insisté sur les difficultés qui empêchent plusieurs pays africains de concrétiser leurs ambitions industrielles.

Selon lui, trois principaux défis doivent être pris en compte. Le premier concerne la gouvernance et la capacité des États à maintenir une coordination efficace dans la mise en œuvre des réformes. Le deuxième est lié au financement des projets, qui doivent reposer sur des modèles économiques solides et durables plutôt que sur des financements incertains.

Le président béninois a également évoqué la dimension politique de l’industrialisation. Pour lui, transformer une économie implique parfois de remettre en cause certains équilibres établis et nécessite une vision inscrite dans la durée, au-delà des échéances politiques immédiates.

Cette intervention a permis de mettre en avant une approche fondée sur la constance des politiques publiques, la création d’un environnement favorable aux investissements et la nécessité pour les pays africains de mieux valoriser leurs propres ressources.

La Zone industrielle de Glo-Djigbé, exemple de transformation locale

Pour illustrer son propos, Romuald Wadagni a présenté l’expérience béninoise à travers la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ). Ce projet, développé avec le groupe ARISE Integrated Industrial Platforms, repose sur une ambition claire : transformer localement les matières premières produites en Afrique afin de conserver davantage de valeur sur le continent.

À travers la transformation du coton et d’autres produits agricoles, la GDIZ vise à favoriser la création d’emplois, attirer les investisseurs et faire évoluer le modèle économique béninois, longtemps marqué par l’exportation de produits bruts.

Le chef de l’État a expliqué que ce modèle répond aux difficultés évoquées lors de son intervention. Une gouvernance dédiée, une implication du secteur privé et une stabilité du cadre réglementaire figurent parmi les facteurs qui ont contribué au développement de cette infrastructure industrielle.

La présence de Gagan Gupta, fondateur et directeur général d’ARISE IIP, lors des échanges a également permis de mettre en lumière le rôle des partenariats public-privé dans la réalisation de projets industriels d’envergure.

Le Bénin veut renforcer sa place dans les stratégies économiques africaines

Cette rencontre à Addis-Abeba constitue une opportunité pour le Bénin de faire entendre sa voix dans les réflexions sur le financement du développement africain.

Après ses échanges avec les responsables d’Afreximbank, Romuald Wadagni a été reçu au Palais Menelik par le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed. Les discussions ont porté sur les perspectives de coopération entre le Bénin et l’Éthiopie.

Cette visite, bien que courte, traduit la volonté des autorités béninoises de positionner le pays comme un acteur de référence dans les débats liés à la transformation économique du continent.

À travers son intervention, le président béninois a défendu une idée centrale : l’Afrique ne pourra accélérer son développement qu’en passant d’une logique d’exportation de matières premières à une véritable capacité de transformation locale.

benin-news.com, l’information autrement.

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