Sénégal : Le congrès du Pastef scelle le divorce avec l’exécutif et se repositionne en force d’opposition
Diamniadio devient le théâtre d’une clarification historique.
Écarté de la primature le 22 mai dernier, Ousmane Sonko reprend la main sur sa formation politique lors d’un congrès national sous haute tension. Entre exclusions, ralliements massifs et retour dans l’opposition, le parti majoritaire redessine l’échiquier politique sénégalais.
Le Pastef bascule à nouveau dans l’opposition. C’est un virage à 180 degrés pour les Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef). Réunis en congrès national à Diamniadio ce samedi 6 juin, les délégués du parti actent une transition inédite : le passage du statut de parti au pouvoir à celui de principale force d’opposition.
Ce basculement fait suite au limogeage d’Ousmane Sonko de son poste de Premier ministre le 22 mai dernier. En officialisant la réélection attendue de son leader historique à la présidence du mouvement, le Pastef cherche avant tout à faire bloc derrière son chef et à afficher une unité retrouvée.
Purge et clarifications internes, le rendez-vous de ce samedi qualifié par les observateurs de « congrès de la clarification », met en lumière les premières fractures internes liées à l’exercice du pouvoir.
La tension s’est cristallisée autour de la formation du nouveau gouvernement en début de semaine. Cinq membres du Pastef ont choisi d’intégrer l’équipe gouvernementale, enfreignant directement les directives du parti. L’un des départs qui choquent est celui du ministre de l’Urbanisme, Moussa Bala Fofana. Anticipant une probable exclusion, il a devancé les sanctions en annonçant sa démission du parti le 4 juin. Au cœur de toutes les interrogations subsiste le cas du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye. Co-fondateur du parti, sa position vis-à-vis de sa propre formation (désormais entrée en rébellion contre sa politique) reste floue.
Par ailleurs, les regards se tournent vers les directions des entreprises publiques, massivement occupées par des cadres du Pastef. Alors que la direction du parti espérait des démissions en chaîne par solidarité avec Ousmane Sonko, aucun mouvement d’ampleur n’a pour l’instant été constaté à ces postes stratégiques.
Une démonstration de force pour l’avenir
Loin de se laisser affaiblir par ces turbulences, le Pastef entend transformer ce congrès en une démonstration de puissance politique. Le parti prépare déjà la riposte à travers deux leviers majeurs : 1. Une méga-fusion politique : Le Pastef a officialisé l’absorption d’une soixantaine de partis politiques et de mouvements citoyens, scellée par la signature d’une charte de fusion pour élargir sa base électorale.
2. La mobilisation de la rue : Après les sessions de travail de samedi consacrées à la refonte des textes et de l’idéologie, le parti donne rendez-vous à ses militants ce dimanche 7 juin pour un grand rassemblement populaire.
L’objectif du parti désormais est de prouver que si Ousmane Sonko a perdu la primature, son influence sur la base populaire et sa capacité de mobilisation restent intactes.
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