« J’ai peur des conséquences de mes publications » : Steeve Wotto exprime ses regrets devant la CRIET
Connu pour ses prises de position virulentes contre les autorités béninoises sur les réseaux sociaux, l’internaute béninois Steve Wotto a comparu ce lundi 11 mai 2026 devant la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET). Arrêté le 21 avril 2026, il est poursuivi pour « harcèlement par le biais d’une communication électronique », « incitation à la rébellion » et « apologie du crime contre la sûreté de l’État ». Face à la Cour, le prévenu a rejeté l’ensemble des faits mis à sa charge en plaidant non coupable, selon les informations rapportées par Banouto.
À la barre, Steve Wotto est revenu sur les circonstances de son interpellation. Il aurait expliqué s’être présenté volontairement au commissariat de Bohicon après avoir appris qu’il était activement recherché. Après son transfert au Centre National d’Investigations Numériques (CNIN) à Cotonou, il affirme avoir vécu sa garde à vue dans la peur, évoquant notamment des conditions d’isolement qui lui faisaient craindre pour sa sécurité. En réponse, le président de la Cour a tenu à rassurer le prévenu, rappelant que les forces de l’ordre ont pour mission d’assurer la protection des citoyens et ne sauraient porter atteinte à leur intégrité physique.
L’audience a également été marquée par la lecture du procès-verbal d’audition préliminaire. Selon les passages lus devant la Cour, Steve Wotto aurait confié aux enquêteurs redouter les conséquences de ses publications sur les réseaux sociaux.« J’ai peur des conséquences de tout ce que j’ai publié (…) Si j’avais su plus tôt, je me serais suicidé. J’ai couvert ma famille de honte », aurait-il déclaré au cours de son audition.
Invité à s’expliquer sur ces propos jugés préoccupants, le prévenu n’a pas pu aller au bout de ses explications. La Cour a préféré suspendre les débats sur ce point et renvoyer l’affaire au 22 juin 2026 afin de lui permettre de développer sa défense sur le fond du dossier.
Steve Wotto a été arrêté après la diffusion de plusieurs vidéos critiques sur Facebook. Il lui est notamment reproché d’avoir contesté l’organisation de l’élection présidentielle du 12 avril 2026, en affirmant, sans preuves selon l’accusation, que certaines localités du nord du pays n’auraient pas disposé de bureaux de vote.
Amac Roland SIKO
