🔴 Les Démocrates devant la justice : une bataille de légitimité qui s’enlise

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Le différend interne qui secoue le parti d’opposition Les Démocrates continue de se déplacer du terrain politique vers l’arène judiciaire. Jeudi 16 avril 2026, les protagonistes se sont une nouvelle fois retrouvés au tribunal de Cotonou pour une audience marquée par des confrontations juridiques soutenues, sans issue immédiate.
À l’issue des débats, le juge a choisi de temporiser en renvoyant le dossier au 20 avril prochain. Une décision qui vise à laisser aux différentes parties le temps de formaliser leurs arguments à travers des notes de plaidoirie, mais qui prolonge également une crise dont l’issue reste incertaine.
Au cœur de cette affaire : la contestation de la désignation de Nourénou Atchadé à la tête du parti. Le camp de Éric Houndété remet en cause la régularité du processus ayant conduit à cette élection.
Pour ses avocats, les règles internes n’ont pas été respectées. Ils évoquent notamment un non-respect des délais encadrant la gestion de la vacance du pouvoir et la convocation des instances compétentes. À leurs yeux, ces irrégularités entachent l’ensemble de la procédure, justifiant l’annulation de l’élection ainsi que des décisions prises depuis lors.

🛡️ Une lecture opposée des faits

En face, la défense de Nourénou Atchadé propose une interprétation radicalement différente. Elle soutient que la dynamique engagée lors du conseil national du 22 mars s’est poursuivie dans des conditions valides, malgré le retrait d’une partie des participants.
Selon cette version, une large majorité des membres présents aurait maintenu la séance et validé la désignation du nouveau responsable, ce qui suffirait à établir sa légitimité. Les avocats d’Atchadé estiment en outre que le recours à la justice intervient trop tôt, sans épuisement préalable des mécanismes internes du parti.
Au-delà de la bataille juridique, le litige prend également une tournure financière. Le camp Atchadé réclame une compensation globale de 150 millions de francs CFA, répartie entre dommages et intérêts et frais liés à la procédure.
Une demande qui ajoute une pression supplémentaire dans un dossier déjà chargé sur le plan politique.

En renvoyant l’affaire au 20 avril, la justice n’a pas tranché le fond, mais a ouvert une nouvelle phase dans ce bras de fer. Ce délai supplémentaire pourrait permettre de clarifier les positions, mais il souligne aussi la complexité du dossier.
Pendant ce temps, la crise interne au sein du parti Les Démocrates continue de s’enraciner, exposant au grand jour des fractures profondes. L’issue de cette procédure judiciaire pourrait redéfinir les équilibres internes du parti, avec des répercussions possibles sur la scène politique nationale.

benin-news.com, l’information autrement.

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