Affaire Dangnivo : ce qu’il faut retenir de l’audience de ce mercredi 19 mars 2025

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Des révélations choquantes, le flou persiste toujours.

Le tribunal de Cotonou a repris l’audience de l’affaire Pierre Urbain Dangnivo ce mercredi 19 mars 2025, après une suspension de plusieurs jours. Ce procès, toujours aussi mystérieux et tendu, a été marqué par des témoignages déstabilisants et des confrontations entre les différentes parties. À mesure que les révélations s’enchaînent, la question de la vérité sur la mort de Pierre Urbain Dangnivo, survenue en 2010, reste plus que jamais en suspens.

L’une des interventions les plus marquantes de cette audience a été celle du roi de Savi, Tchiakpè Tchédji, qui est venu apporter son témoignage sur les événements qui ont marqué sa vie. Il a détaillé les circonstances de son arrestation en 2010, suivie de la saisie de ses biens et de la séparation de sa famille. Selon lui, cette incarcération aurait été non seulement injuste mais aussi dévastatrice pour sa vie personnelle et professionnelle. Il a dénoncé un système judiciaire où la vérité semble souvent être occultée au profit d’intérêts personnels ou politiques. Son témoignage a mis en lumière la brutalité du système et a renforcé l’idée que, dans cette affaire, la vérité est encore loin d’être dévoilée.

Les révélations troublantes de Auguste Amoussou

Le procès a également pris une tournure inattendue avec les déclarations d’Auguste Amoussou, entendu en visioconférence depuis Abidjan. Ce dernier a lancé de nouvelles accusations en lien avec son frère, Donatien Amoussou, qu’il accuse d’avoir joué un rôle clé dans cette affaire. Selon lui, son frère aurait agi comme intermédiaire entre un certain Priso et le colonel Séverin Koumasségbo, concernant la découverte d’un téléphone portant des informations cruciales. Auguste Amoussou, inquiet pour sa sécurité après avoir reçu des menaces, a choisi de s’exiler en Côte d’Ivoire, soulevant davantage de doutes sur l’intégrité de l’enquête et les personnes impliquées.

Les déclarations contradictoires de la commission d’enquête

L’audience a pris une autre tournure avec les témoignages du colonel Firmin Boko, président de la commission d’enquête de 2010. Il a évoqué des détails macabres concernant les circonstances de la mort de Pierre Urbain Dangnivo, suggérant que ce dernier aurait été étranglé. Cependant, sa déclaration a suscité de nombreuses interrogations, car il n’a pas su préciser les circonstances exactes de cet acte, remettant en question la rigueur de l’enquête menée à l’époque. Cette confusion, couplée à un manque de transparence sur les faits, a rendu l’ensemble de l’audience encore plus complexe à suivre.

Un procès sous tension

Les tensions ont été palpables dans la salle d’audience, notamment entre les avocats des différentes parties. Me Anasside, avocate de la partie civile, a été accusée de mener des interrogatoires trop agressifs. Elle s’est défendue en expliquant qu’elle n’agissait que pour découvrir la vérité, mais ses propos ont déplu à ses confrères, notamment à Me Elie Vlavonou, qui lui a reproché son attitude. Cette scène a mis en lumière l’intensité des enjeux qui se jouent derrière les portes du tribunal et a révélé l’existence de fractures profondes au sein de la défense.

Le mystère du téléphone de Dangnivo

Un autre élément crucial qui a émergé lors de l’audience est le mystère du téléphone de Pierre Urbain Dangnivo. Ce dernier, objet central dans l’enquête, semble avoir fait son chemin jusqu’à la présidence. Le colonel Firmin Boko, interrogé à ce sujet, a admis ne pas savoir comment ce téléphone a été transmis à Koumasségbo, et encore moins comment il est arrivé dans les mains de l’équipe d’enquêteurs. La question demeure sans réponse, et cela alimente les soupçons d’une manipulation derrière les scènes, rendant l’affaire encore plus énigmatique.

Après cette journée intense d’audiences, l’affaire Dangnivo demeure plus obscure que jamais. Les zones d’ombre persistent, et les contradictions entre les témoignages compliquent la tâche des enquêteurs. Les révélations sur la responsabilité dans la mort de Dangnivo et l’implication de certains acteurs politiques laissent entrevoir une affaire qui pourrait avoir des répercussions bien plus larges. Alors que l’audience a été suspendue à 15h21, les regards se tournent désormais vers le 8 avril 2025, date de la prochaine session. D’ici là, l’opinion publique continue de suivre de près ce procès, attendant des réponses qui semblent encore bien loin d’être révélées. [Rejoignez plus de 25.000 abonnés sur notre chaîne WhatsApp pour ne rien manquer de l’actualité béninoise ! Cliquez ici pour vous abonner.

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