La Cour pénale internationale (CPI) traverse l’une des périodes les plus délicates de son histoire récente. Le procureur de l’institution, Karim Khan, a été suspendu de ses fonctions avec effet immédiat à la suite d’allégations d’agression sexuelle faisant l’objet d’une enquête.
La décision a été prise le 8 juin 2026 par le Bureau de l’Assemblée des États parties, l’organe chargé de la gouvernance de la Cour. Selon les responsables de l’institution, cette mesure vise à préserver le bon déroulement de la procédure en cours et ne constitue pas une reconnaissance de culpabilité.
Les accusations à l’origine de cette affaire auraient été formulées par une collaboratrice du bureau du procureur. Face à la gravité des faits allégués, une enquête a été confiée au Bureau des services de contrôle interne des Nations unies (OIOS), chargé d’examiner les éléments disponibles.
Karim Khan, âgé de 55 ans, rejette catégoriquement les accusations portées contre lui. Déjà en mai 2025, il s’était temporairement mis en retrait afin de préparer sa défense pendant la poursuite des investigations.
Le magistrat britannique estime que la procédure engagée à son encontre comporte plusieurs irrégularités et continue de contester les conclusions retenues contre lui.
Une figure majeure de la justice internationale fragilisée
Nommé procureur de la CPI en 2021 pour un mandat de neuf ans, Karim Khan s’est retrouvé au cœur de plusieurs dossiers internationaux sensibles. Sous son autorité, le parquet de la Cour a notamment mené des enquêtes liées à la guerre en Ukraine, à la situation au Darfour ainsi qu’au conflit entre Israël et le Hamas.
Ces dernières années, certaines de ses décisions ont suscité d’importantes tensions diplomatiques, notamment avec plusieurs puissances occidentales et moyen-orientales.
L’affaire actuelle a déjà eu des conséquences sur le fonctionnement de la Cour. Karim Khan a notamment été écarté de certains dossiers pendant la durée de la procédure.
Les États membres appelés à trancher
La suspension ouvre désormais une nouvelle phase institutionnelle. Les 125 États membres de la CPI devront examiner les conclusions de l’enquête et décider des suites à donner au dossier.
Selon plusieurs observateurs, les options pourraient aller du maintien de la suspension jusqu’à une éventuelle révocation du procureur, en fonction des résultats définitifs des investigations.
En attendant, la CPI devra gérer une situation inédite qui soulève des questions aussi bien sur sa gouvernance que sur son image internationale. Les prochaines décisions des États parties seront déterminantes pour l’avenir de Karim Khan et pour la stabilité de l’institution judiciaire internationale.
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