Je suis une femme d’une quarantaine d’années. J’ai donné naissance à trois enfants, mais la vie m’en a déjà arraché deux. Il ne me reste qu’une seule enfant : ma fille de 22 ans. Celle en qui j’avais placé tout mon amour, tout mon espoir, toute ma raison de continuer à me battre.
J’ai quitté son père lorsqu’elle n’avait que cinq ans. Plus tard, j’ai refait ma vie avec un autre homme, avec qui j’ai partagé 15 ans de vie commune. Cet homme a vu ma fille grandir sous notre toit, passer de l’enfance à l’adolescence. Je le considérais comme un repère pour elle, un protecteur.
Mais le drame que je n’aurais jamais imaginé a fini par se produire.
Ma propre fille, alors âgée de 20 ans, n’a eu aucun scrupule à entretenir une relation avec cet homme, mon compagnon, jusqu’à tomber enceinte de lui. L’homme avec qui je vivais. L’homme qui l’avait vue grandir depuis ses cinq ans.
Le jour où j’ai découvert cela, mon cœur s’est effondré.
J’ai quitté cet homme sans hésiter. Malgré l’humiliation et la douleur, je n’ai pourtant pas abandonné ma fille. Je l’ai accompagnée durant sa grossesse, soutenue jusqu’à son accouchement, puis aidée à élever son enfant.
Mais depuis quelque temps, elle est devenue d’une insolence insupportable. Elle m’insulte, me rabaisse, me parle avec une violence qui me transperce. À la moindre dispute, elle quitte la maison pour aller passer plusieurs jours ailleurs, avant de revenir comme si de rien n’était.
Hier soir, une simple histoire de photo a provoqué une nouvelle altercation. Devant des voisins, elle m’a publiquement humiliée avec des propos que je n’ose même pas répéter. Blessée au plus profond de moi, je lui ai lancé : “Tu es allée trop loin cette fois-ci. Tu peux dégager de chez moi.”
Il sonnait environ 3 heures du matin. Nous venions de terminer la vente devant un bar situé non loin de notre domicile à Abomey-Calavi. Ivre de colère, ma fille, en ramassant ses effets personnels, a voulu partir avec son petit garçon âgé d’à peine un an et demi. Je m’y suis opposée. À cette heure avancée, je ne pouvais pas laisser un bébé errer dans la nuit. Je lui ai dit.qu’elle pouvait revenir le matin chercher l’enfant, mais pas à une heure aussi tardive.
Elle a crié, ameuté le voisinage, créé un scandale. Des riverains ont dû intervenir. Finalement, elle est partie seule.
Mais ce matin, vers 7 heures, elle est revenue furieuse. Elle a forcé la porte, exigé qu’on lui remette son enfant, puis m’a violemment frappée. Je suis tombée et me suis blessée au pied. La plaie est profonde, la douleur vive. Ce soir elle a réussi à quitter la maison avec l’enfant.
Aujourd’hui, ce n’est pas seulement mon corps qui souffre. C’est surtout mon âme de mère. Je me demande où j’ai échoué comme mère. Dois-je encore l’accueillir ? Dois-je la laisser partir définitivement ? Comment gérer une fille qui en arrive à lever la main sur sa propre mère ?
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