L’affaire relative à la tentative de coup d’État déjouée du 7 décembre 2025 se poursuit devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Ce lundi 20 avril 2026, Delcoz Kindjanhoundé a de nouveau comparu devant cette juridiction spéciale.
Poursuivi pour harcèlement par voie électronique, incitation à la haine, incitation à la rébellion ainsi que détention illégale d’armes à feu, ce commissaire de police, en poste à Abomey-Calavi au moment des faits, avait été interpellé au lendemain de la tentative de putsch.
Selon des informations rapportées par L’Investigateur, il lui est notamment reproché d’avoir diffusé sur les réseaux sociaux une vidéo dans laquelle il appelait à un soulèvement contre le régime du président Patrice Talon. Dans cette intervention, l’officier exhortait les populations à descendre dans les rues pour soutenir les mutins, un comportement jugé incompatible avec ses fonctions et son serment.
Dès l’ouverture du procès, le prévenu a reconnu les faits. Il a admis être l’auteur de la vidéo incriminée, affirmant avoir agi en pleine conscience. À la barre, il a expliqué que son geste était motivé par son expérience sur le front de la lutte contre le terrorisme : « J’ai été envoyé au front fin 2023. J’ai vu des camarades mourir », a-t-il confié, évoquant un profond traumatisme lié aux pertes humaines.
Il a également soutenu avoir lancé cet appel en tant que citoyen. Une justification qui a suscité des interrogations de la part du président de céans, notamment sur le fait qu’il apparaissait en tenue policière dans la vidéo : « Est-ce ainsi que vous vous exprimez en tant que simple citoyen ? », lui a-t-il demandé.« C’est possible dans une certaine mesure », a répondu le prévenu.
Lors de cette audience, Delcoz Kindjanhoundé a évoqué de nouveaux éléments pour justifier son appel à la révolte. Ne disposant pas d’avocat, il a assuré lui-même sa défense en produisant des documents devant la Cour.Après examen des pièces du dossier, la juridiction a décidé de renvoyer l’affaire au 15 juin 2026. À cette date, le ministère public devrait présenter ses réquisitions.
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