Dans la bande de Gaza, des milliers de Palestiniens restent déplacés et continuent de vivre sous des tentes, plus de sept mois après l’instauration du cessez-le-feu. À cette précarité persistante s’ajoute désormais une nouvelle épreuve : une invasion massive de rats et de souris dans les camps de fortune.
Interrogée par RFI, Naji montre un piège dans lequel une souris a été capturée. Elle affirme avoir attrapé une quarantaine de rongeurs en une seule nuit. « Je les chasse surtout la nuit. Pour les gros rats, j’ai essayé un piège plus grand, mais sans succès. Chaque jour, c’est la même chose : à peine le piège vidé qu’il se remplit à nouveau », explique-t-elle. Installée à Meghazy, au cœur des décombres laissés par les bombardements, elle vit dans un environnement propice à la prolifération des nuisibles. Son voisin confirme : « Sous une tente, la situation est encore pire. Il est impossible de contenir les rats. »
Face à cette crise sanitaire grandissante, les autorités municipales se disent impuissantes. Les infrastructures d’assainissement, notamment les réseaux d’égouts, sont largement détruites, tandis que les restrictions limitent l’entrée d’équipements essentiels dans le territoire.
Enaam, mère de trois enfants, décrit un quotidien marqué par des conditions d’hygiène extrêmement précaires. Elle explique devoir creuser des latrines à proximité immédiate de sa tente : « Nous trouvons des souris presque tous les jours. Le problème, c’est l’absence de système d’évacuation des eaux usées. Nous creusons des trous d’environ un mètre de profondeur, mais ils se remplissent en quelques jours, et il faut recommencer ailleurs. »
Selon le docteur Nael Alsady, vétérinaire, cet environnement insalubre constitue un terrain favorable à la propagation de maladies. L’absence d’équipements de conservation, comme les réfrigérateurs, aggrave la situation. « Les aliments ne peuvent pas être stockés correctement. Les rongeurs circulent dessus et les contaminent par leurs déjections. Cela peut entraîner des maladies comme la salmonellose », alerte-t-il. Il souligne également le manque de produits adaptés pour lutter efficacement contre cette prolifération, notamment les pesticides et autres solutions anti-rongeurs.
Amac Roland Siko
