
Invité sur la chaîne internationale France 24, hier dimanche 5 avril 2026, le porte-parole du gouvernement béninois, Wilfried Léandre Houngbédji, est revenu sur les dix années de gouvernance du président Patrice Talon. Il y a défendu des réformes qu’il qualifie de « difficiles, douloureuses mais nécessaires », tout en apportant des précisions sur plusieurs sujets sensibles liés à la démocratie et à la justice.
Au cours de cet entretien mené par la journaliste Fatimata Wane, le Secrétaire général adjoint du gouvernement a évoqué l’évolution du système démocratique béninois. Pour lui, les comparaisons avec les démocraties occidentales doivent être nuancées.
« Si vous nous jugez, comme beaucoup le font depuis l’Occident, sans tenir compte du fait que l’état actuel de la démocratie en France est le résultat de plusieurs siècles de pratique, vous ne serez pas tout à fait justes. Aux États-Unis également, il s’agit de plusieurs siècles d’expérience, alors que nous n’en sommes qu’à 30 à 50 ans de pratique », a-t-il déclaré.
Selon Wilfried Léandre Houngbédji, les réformes engagées sous le président Patrice Talon, bien que exigeantes, produisent aujourd’hui des résultats appréciés tant par les citoyens que par la communauté internationale.
Abordant la question sensible des détenus qualifiés de « politiques », notamment le professeur Joël Aïvo et l’ancienne ministre Reckya Madougou, le porte-parole du gouvernement a rejeté toute détention liée aux opinions politiques.
« Personne parmi les personnalités que vous citez ne s’est retrouvé derrière les barreaux sans avoir commis une infraction, ni simplement parce qu’il est opposant », a-t-il affirmé.
Pour finir, il a évoqué la situation des opposants actifs sur la scène politique nationale, assurant qu’ils ne font l’objet d’aucune poursuite devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET).
Amac Roland SIKO
