Reconnaissance de la nationalité béninoise aux afro descendants : la Diaspora demande un vote à l’unanimité au parlement

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“Nous voulons investir et nous investir au Bénin”

Arrivé au Bénin dans le cadre de la visite du Chef de l’État au Brésil récemment, le président de l’association “Collectif Sankofa Tour”, Me Georges-Emmanuel GERMANY, Dah Milèkô prince d’Allada a animé une conférence de presse le mercredi 22 mai 2024 à la Place de l’Amazone à Cotonou sur le Projet de loi visant à octroyer la nationalité aux personnes d’ascendance africaine issues de l’esclavage. Entouré de ses paires militants pour la noble cause dont le père Jah et Akhsamiya Martial de Mir-Bénin (Médiation Internationale pour les Réparations de l’esclavage transatlantique au Bénin), Dah Milèkô demande au nom de la Diaspora un vote à l’unanimité de ladite loi par les députés à l’Assemblée nationale.

Georges-Emmanuel GERMANY, Dah Milèkô, prince d’Allada, qu’on ne présente plus est l’une de ces personnalités de la Diaspora ayant œuvré aux côtés du chef de l’État pour le retour au Bénin des trésors royaux. C’est également lui qui, en tant président du “Collectif Sankofa Tour” et bâtonnier de Martinique, a milité pour les réparations et également saisi le gouvernement sur le texte ayant abouti à un projet de loi pour la reconnaissance de la citoyenneté béninoise des africains de la Diaspora. L’homme qui se dit satisfait de la démarche combien louable du gouvernement qui a vu juste en saisissant le parlement pour le vote de ladite loi, profite pour demander un vote à l’unanimité des députés à l’Assemblée nationale. “Nous demandons un vote à l’unanimité. Pas une majorité écrasante. Non! Mais un vote à l’unanimité. C’est pour cela, qu’unanimement nous demandons au parlement Béninois de faire ce que l’histoire commande, ce que le devoir impose, ce devoir de répartition qui soit le début de la reconstitution de la famille” a-t-il précisé. “Le Ghana l’a bien compris et aujourd’hui il en tire les fruits à coûts de milliard de dollars. Le Bénin doit aussi bénéficier de cette manne, de cet apport de la Diaspora en terme de développement en terme d’investissement. Nous voulons investir et nous investir au Bénin” a-t-il ajouté.

Rappel du chemin parcouru pour aboutir à cette proposition de loi

Pour la petite histoire, le prince d’Allada, Dah Milèkô raconte :

“L’histoire commence en Guadeloupe avec la famille Jah qui décide de rentrer sur la terre mère en faisant le choix du Bénin. Pendant des années ils vivent sans papiers depuis 1997 jusqu’à ce que en 2015 j’arrive au pays et je fasse leur connaissance. Moi aussi je faisais le retour sur la terre mère. Je leurs propose de voir les choses autrement. Pour que le retour soit concret il faut que cela se fasse sur l’état civil. Je n’imaginais pas qu’un an plus tard je deviendrais par la volonté du Roi Kpodégbé Lanmanfan Toyi Djigla, prince d’Allada”. Lors de mon discours d’intronisation sur la plage de Ouidah en 2016, j’ai demandé pour nous tous, les papiers, la citoyenneté beninoise comme l’un des éléments importants de la réparation. Par la suite, après avoir écrit au chef de l’État, aux différents gardes des Sceaux, la lutte pour les papiers s’est poursuivie. Mon association Collectif Sankofa Tour à été rejointe par l’Association Mir-Bénin et d’autres associations des Afro descendants de Martinique, Guadeloupe et Guyane militant également pour la cause. Nous nous sommes mis ensemble pour aller à la rencontre du chef de l’État en janvier 2024 dans le cadre des vodoun days. Ensemble nous avons demandé une nouvelle fois que le Bénin travaille à la fois, à la réparation de ce lien brisé avec l’Afrique en nous octroyant la nationalité mais également qu’il travaille au vol direct. Par la suite j’ai transmis un document au gouvernement qui s’est mis au travail. Et à l’initiative de Patrice Talon le chef de l’État aujourd’hui le parlement est saisi depuis le 8 mai 2024 d’une proposition de projet de loi visant à octroyer la nationalité aux personnes d’ascendance africaine issues de l’esclavage. Avant cela et en signe de sa volonté de faire avancer les choses j’ai demandé que soit réglé immédiatement les situations des beninois de la Diaspora vivant sans papiers sur le sol béninois. C’était notamment le cas de Akhsamiya et sa famille. Je tiens à témoigner de ce que n’ayant rien demandé pour moi mais pour la famille Jah et la famille d’Akhsamiya, le chef de l’État a répondu positivement en leur octroyant des papiers avant même le vote de la loi. Qu’il en soit remercié et que ce rassemblement soit le signe de notre gratitude. Maintenant vient le temps du vote de la loi. Les parlementaires sont saisis, les députés doivent se prononcer. Nous demandons un vote à l’unanimité. Pas une majorité même écrasante. Non. Mais un vote à l’unanimité. C’est pour cela qu’unanimement nous demandons au parlement beninois de faire ce que l’histoire recommande, ce que le devoir impose, ce devoir de réparation qui soit le début de la reconstitution de la famille. Le Ghana l’a bien compris et aujourd’hui il en tire les fruits à coût de milliards de dollars. Le Bénin doit bénéficier également de cette manne, de cet apport que constitue la diaspora en terme de développement en terme d’investissement”.

“Nous voulons investir et nous investir au Bénin”

Me Georges-Emmanuel GERMANY prince d’Allada Dah Milèkô a déclaré : “Nous voulons investir et nous investir au Bénin. Nous voulons y apporter ce qu’on trouve ailleurs mais nous voulons également amplifier ce qu’on y trouve. Transférer pas seulement des devises, du savoir des technologies et surtout des hommes, des femmes, des enfants qui aiment ce continent sans même l’avoir encore visité. Parce que cette Afrique rêvée, cette Afrique racontée nous savons qu’elle connaît des souffrances, qu’elle connaît des douleurs et nous pensons que la diaspora peut être l’une des solutions pour panser les blessures du continent mais également remporter le défi de l’avenir”.

Abbas T.

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