Jouets de l’indignation : quand des objets anti-stress ravivent le spectre du racisme systémique sur les réseaux sociaux
Une nouvelle tendance virale sur les plateformes numériques suscite une vague d’indignation internationale. Des figurines malléables en caoutchouc, conçues à l’origine en Asie comme des accessoires de relaxation, se retrouvent au cœur d’une vive polémique éthique et raciale en raison du traitement ultra-violent qui leur est infligé dans des vidéos cumulant des millions de vues.
Ces objets, qui adoptent les traits réalistes de nourrissons en sous-vêtements, sont détournés de leur fonction première par des créateurs de contenus. Loin de la simple manipulation thérapeutique, les mises en scène diffusées en ligne rivalisent de brutalité : écrasements, perforations, brûlures ou destructions systématiques.
Cependant, au-delà de la violence graphique, c’est la dimension sélective de ces sévices qui suscite la colère des observateurs. Bien que ces articles soient déclinés en plusieurs carnations, les données et les signalements convergent : les modèles à la peau noire subissent de manière disproportionnée les traitements les plus dégradants et les plus destructeurs devant les caméras
Pour de nombreux militants des droits de l’homme et sociologues, ce phénomène dépasse le simple divertissement outrancier. Il met en lumière des mécanismes profonds de déshumanisation.
La polémique a d’ailleurs pris une tournure encore plus sombre à la suite de commentaires de certains utilisateurs sur les réseaux de distribution, affirmant que les versions à la peau claire étaient « trop humaines » pour subir de tels supplices.« Associer inconsciemment ou délibérément une couleur de peau spécifique à une tolérance supérieure à la violence relève d’une forme de racisme primaire et d’une hiérarchisation raciale intolérable », s’insurgent plusieurs collectifs en ligne.
L’affaire soulève une double problématique qui interpelle autant les psychologues que les spécialistes de l’enfance :
Le recul de l’inclusivité : Alors que les professionnels du secteur éducatif militent depuis des années pour une diversification positive des jouets afin de valoriser la représentativité, cette tendance produit l’effet inverse en associant l’image de l’enfant noir à la maltraitance.
La banalisation de la violence sur mineurs : Indépendamment de la question raciale, la forme même du produit (un bébé) interroge. De nombreux internautes et experts s’alarment de la commercialisation d’objets de défoulement calqués sur la morphologie de nourrissons, y voyant une désensibilisation dangereuse face aux violences infantiles.
Face à la multiplication des signalements et au boycott réclamé par les usagers, la question de la modération de ces contenus par les géants de la Tech reste entière. Entre liberté de création et propagation de stéréotypes haineux, la frontière semble, une fois de plus, avoir été franchie.
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