Le conflit entre l’homme et la faune sauvage franchit un cap alarmant au Gabon. Traditionnellement cantonnés aux petites exploitations villageoises, les éléphants s’attaquent désormais aux géants de l’agro-industrie.
La multinationale Olam Gabon, acteur majeur de la filière de l’huile de palme, fait face à des ravages d’une ampleur inédite, menaçant la survie économique de plusieurs régions.Les chiffres témoignent de la violence des incursions des pachydermes, qui déracinent et dévorent les plantations à grande échelle.
Dans la Ngounié (Sud) : 10\ 000 hectares de palmeraies ont été purement et simplement détruits.
À Makouké (Centre) : 5\ 000 hectares ont été ravagés, poussant l’entreprise à réduire drastiquement ses activités et à brandir la menace d’une fermeture définitive du site. Pour cette petite ville agricole proche de Lambaréné, les conséquences sociales sont immédiates. Le député local, Rolf Mavitsi Nziengui, qualifie la situation d’« alarmante » face à l’explosion du chômage et à la précarité qui s’installe.
Il appelle d’urgence à une table ronde avec les dirigeants d’Olam pour sauver ce qui peut encore l’être. Pour tenter de sanctuariser ses investissements restants, Olam a commencé à déployer des clôtures électriques. Cependant, la racine du problème reste entière.
En déplacement sur le terrain, le ministre de l’Agriculture, Pacôme Kossy, a reconnu que les politiques strictes de conservation ont entraîné une surpopulation d’éléphants dans le pays, généralisant la crise à l’ensemble des cultivateurs.L’enjeu pour le gouvernement est désormais de trouver, avec l’aide de scientifiques, un équilibre complexe : préserver l’activité économique de ces bassins d’emplois sans violer les traités internationaux qui protègent l’éléphant, une espèce strictement encadrée.
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