Une manifestation de l’opposition congolaise contre le projet de révision de la Constitution a été violemment dispersée vendredi 12 juin 2026 à Kinshasa. Organisé devant le siège du Parlement par la Coalition C64, qui rassemble plusieurs partis d’opposition, le rassemblement a rapidement dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre.
Dès les premières heures de la mobilisation, des centaines de militants se sont réunis pour dénoncer une réforme constitutionnelle qu’ils jugent destinée à permettre au président Félix Tshisekedi de se maintenir au pouvoir au-delà de la limite actuelle de deux mandats.
Arborant drapeaux et banderoles, les manifestants ont tenté de faire entendre leur opposition à ce projet soutenu par la majorité présidentielle.
La police est intervenue pour disperser le sit-in à l’aide de gaz lacrymogènes. Selon des témoignages recueillis sur place, des éléments de l’armée ainsi que des jeunes proches du parti au pouvoir auraient également été impliqués dans l’opération.
En réaction, certains manifestants ont lancé des pierres, entraînant plusieurs heures de tensions dans les rues de la capitale. Le bilan provisoire fait état de plusieurs blessés et de nombreuses interpellations. La Coalition C64 affirme que deux de ses militants ont été tués au cours des affrontements, une information qui n’a pas encore été confirmée officiellement par les autorités.
Cette démonstration de force de l’opposition survient quelques jours après l’adoption par l’Assemblée Nationale de la loi encadrant l’organisation d’un référendum constitutionnel. Le texte, approuvé à une large majorité, constitue une étape importante dans le processus de révision de la Constitution. Au cœur des débats figure la question d’un éventuel troisième mandat présidentiel.
La Constitution congolaise limite actuellement à deux le nombre de mandats du chef de l’État. Mais la majorité présidentielle plaide depuis plusieurs semaines pour une modification de cette disposition. Félix Tshisekedi, au pouvoir depuis 2019, a récemment déclaré qu’il accepterait de poursuivre son mandat si les Congolais en exprimaient la volonté à travers un référendum.
Alors que le pouvoir invoque notamment l’insécurité persistante dans l’est du pays pour justifier cette réforme, l’opposition y voit une remise en cause des principes démocratiques. Le dossier s’annonce comme l’un des principaux sujets de confrontation politique en RDC dans les mois à venir.
Amac R. SIKO
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