Santé en Afrique : à l’approche du sommet de Lyon, des experts appellent à passer « de la déclaration à l’action »

À quelques jours du One Health Summit 2026 prévu du 5 au 7 avril à Lyon (France), le Forum Galien Afrique, en partenariat avec le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN), a tenu le vendredi 3 avril un webinaire stratégique. Objectif : contribuer à une position africaine concertée et formuler des réponses concrètes face aux défis sanitaires et environnementaux mondiaux.
Placée sous le thème « De la déclaration à l’action : vers des systèmes intégrés santé-environnement-nutrition, pour répondre aux crises globales », cette rencontre virtuelle a rassemblé plusieurs experts du continent. Les échanges ont mis en évidence des difficultés persistantes, notamment le faible niveau d’investissement dans la recherche médicale et pharmaceutique, la forte dépendance aux importations de médicaments, ainsi que les effets du changement climatique, aggravés par la pandémie de Covid-19. Moins de 20 % des produits de santé consommés en Afrique sont fabriqués localement.
Prenant la parole, la présidente de Galien Afrique, la Professeure Awa Marie Coll-Seck, a insisté sur la nécessité pour le continent de faire entendre sa voix lors du rendez-vous de Lyon. « Notre voix doit être entendue à Lyon pour que l’Afrique ait la place qu’elle mérite. Nos projets doivent être transformés en programmes. Le temps est à l’action », a-t-elle déclaré.
Pour sa part, Dr Magda Robal, ancienne ministre de la Santé publique de Guinée-Bissau et membre du Conseil de Africa Public Health Foundation, a plaidé pour une transformation des systèmes de formation. Elle a souligné « l’impérieuse nécessité pour les universités et les institutions de formation universitaire de former des innovateurs sanitaires et non plus seulement des cliniciens ». Selon elle, la souveraineté sanitaire du continent passe par une approche combinant éthique, équité et investissement dans la recherche et la jeunesse. « La souveraineté sanitaire ne se décrète pas, mais se construit. Pour y parvenir, il faut concevoir, produire, réguler localement et former des cadres en vue de l’élaboration d’un répertoire de compétences humaines », a-t-elle soutenu.
Intervenant également, le secrétaire général de la Fondation One Sustainable Health for All, Benoît Miribel, a appelé à une mobilisation accrue de la société civile en prélude au sommet de Lyon. « Le One Health est une réalité beaucoup plus en Afrique que dans le reste du monde. Il faut aller de la science vers nos sociétés pour découvrir nos bonnes pratiques », a-t-il affirmé.
Au terme des échanges, les participants ont identifié quatre axes prioritaires : le renforcement de la gouvernance sanitaire, la souveraineté des données, la promotion de l’innovation locale et une approche inclusive des politiques publiques, intégrant notamment les femmes, les jeunes et les communautés locales.
Le concept One Health (« Une seule santé ») repose sur une vision intégrée qui reconnaît l’interdépendance entre la santé humaine, animale et environnementale. Il constitue aujourd’hui un levier essentiel pour mieux prévenir les crises sanitaires, notamment les pandémies.
Le sommet de Lyon, organisé sous l’impulsion de la France, réunira plusieurs chefs d’État autour de ces enjeux stratégiques.
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