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💔 Confidence : « J’ai tout perdu Ă  cause d’un clic »

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Je m’appelle Prisca, j’ai 24 ans, et si je parle aujourd’hui, c’est pour ne plus pleurer seule.

Il y a un an, j’étais une fille comme les autres. Un peu timide, mais toujours souriante. J’avais mes complexes, oui
 mes rondeurs, mes cicatrices, mes insĂ©curitĂ©s. Mais je rĂȘvais, comme tout le monde, d’ĂȘtre aimĂ©e, comprise.

Sur Facebook, j’ai rencontrĂ© un garçon. Il m’a envoyĂ© un message un soir, m’a dit qu’il aimait ma façon d’écrire. Il me faisait rire. Petit Ă  petit, je lui ai ouvert mon cƓur, mes blessures, mes peurs. Il me disait : “Tu es belle, mĂȘme si toi tu ne le vois pas.”

J’y ai cru.

Une nuit, il m’a demandĂ© une photo “juste pour lui”. J’ai hĂ©sitĂ©, j’ai dit non. Il a insistĂ©, doucement, tendrement
 et j’ai fini par cĂ©der. Pas une photo vulgaire, non. Juste moi, vulnĂ©rable, vraie.

Trois jours plus tard, mon visage était partout sur Facebook. Mon image, mes mots, mes messages
 exposés comme un spectacle de honte.

Je n’oublierai jamais le premier commentaire : “Regardez la fille qui fait la sainte sur Internet.”

En quelques heures, j’étais devenue une risĂ©e publique. Des centaines de partages, des moqueries, des insultes. On m’appelait “la fille facile”. Des inconnus m’envoyaient des messages obscĂšnes. J’ai voulu mourir.

J’ai quittĂ© mon travail parce que mes collĂšgues avaient vu les publications. Dans la rue, j’avais l’impression que tout le monde me regardait, que tout le monde savait. MĂȘme mes amis se sont Ă©loignĂ©s, par peur ou par honte.

Je passais mes journĂ©es enfermĂ©e, sans manger, sans parler. Je me dĂ©testais. J’avais envie d’effacer mon existence.

Un soir, j’ai pris une lame. J’étais prĂȘte Ă  en finir. Mais j’ai entendu ma petite sƓur frapper Ă  la porte et dire :
“Prisca, viens manger. Je t’aime, hein.”

Ces mots m’ont ramenĂ©e Ă  la vie.

Depuis, j’essaie de me reconstruire. Je me soigne, j’apprends à respirer de nouveau. Mais certaines nuits, je revois encore mon visage sur ces pages. Et je me demande :

– Pourquoi les gens rient-ils de la douleur des autres ?
– Pourquoi celui qui m’a trahie dort tranquille alors que moi, je vis en miettes ?

Aujourd’hui, je veux juste savoir :
Comment fait-on pour se pardonner soi-mĂȘme quand on a Ă©tĂ© dĂ©truite par confiance ?
Comment retrouver la force d’aimer, de croire, de vivre, quand Internet a sali ton nom ?

Je n’attends pas la pitiĂ©. J’attends des rĂ©ponses. Parce que si je parle aujourd’hui, c’est pour ne plus ĂȘtre prisonniĂšre de ma honte.

beninnews.bj, l’information autrement.

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