Entre foi et décision politique, le dimanche et le lundi divisent
La célébration de l’Aïd el-Fitr au Cameroun s’est retrouvée au cœur d’une vive polémique. Alors que la lune a été aperçue dans la nuit du samedi 29 mars 2025 à Logone Birni, de nombreux fidèles s’attendaient à célébrer la fête le dimanche 30 mars, conformément aux prescriptions religieuses. Cependant, un communiqué officiel de la Commission Nationale de Concertation sur le Croissant Lunaire (CNCL), appuyé par le ministère de l’Intérieur, a maintenu la date du lundi 31 mars, suscitant l’indignation d’une partie de la communauté musulmane.
Imam Cheik Mahmoud Yahya Mal Bakari
À Maroua, lors de son sermon ce lundi matin devant une assemblée, le grand imam Cheikh Mahmoud Mal Bakary n’a pas caché son amertume. Il a dénoncé des manœuvres politique qui ont poussé la fête à ce lundi. Ainsi, il a rappelé que la lune a été bel bien aperçue à Logone Birni, le samedi 29 mars 2025. L’information a été diffusé auprès d’un grand nombre de chefs traditionnels mais le porte parole du CNCL a décidé, pour des raisons que lui seul connait, de ne pas revenir sur son premier communiqué qu’il avait sorti précipitamment, annonçant la fête pour lundi, appuyé par le ministre de l’intérieur.
Face à cette situation, certains fidèles camerounais, refusant de reporter la célébration, ont préféré traverser la frontière et fêter l’Aïd au Tchad hier dimanche.
Cheikh Mahmoud Mal Bakary a interpellé la communauté sur une question fondamentale : entre une directive institutionnelle et l’enseignement du Prophète Muhammad (paix et salut sur lui), qui recommande de rompre le jeûne dès l’observation du croissant lunaire, quelle voix devrait primer ? Une interrogation qui, au-delà du Cameroun, reflète un débat plus large sur l’ingérence des instances officielles dans les pratiques religieuses.
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