Pour avoir donné un ultimatum aux soldats français de quitter le Bénin : le président d’un mouvement panafricaniste condamné par la CRIET

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La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a condamné, le jeudi 20 mars 2025, Apollinaire O. Adjallah, président du Rassemblement des Démocrates à l’écoute du peuple (RaDEP), un mouvement panafricaniste sans existence légale, à sept (7) mois de prison ferme et à une amende de 500 000 FCFA, rapporte Libre Express. Le prévenu a été reconnu coupable d’incitation à la rébellion par le biais de messages électroniques.

Cette décision fait suite à plusieurs reports du verdict. La Cour n’a pas entièrement suivi la demande du ministère public qui avait requis une peine plus sévère. Lors de l’audience du 16 janvier 2025, le parquet spécial près la CRIET avait demandé la rétention du prévenu sous les charges d’incitation à la rébellion via les réseaux de communication électronique, avec une peine de douze (12) mois de prison, dont huit (8) mois fermes, ainsi qu’une amende de 500 000 FCFA.

Apollinaire O. Adjallah avait été placé en détention provisoire depuis le 13 juin 2024, suite à l’inculpation portée contre lui pour avoir lancé un ultimatum de 15 jours aux forces armées françaises présentes au Bénin, leur ordonnant de quitter le pays sous peine de sanctions. Il avait notamment déclaré que tout soldat français sur le territoire béninois après ce délai serait considéré comme “terroriste”.

Lors de la première audience, le 18 juillet 2024, le juge de la chambre correctionnelle de la CRIET avait lu les extraits des messages incriminés. « Béninoises et béninois, Très chers compatriotes, dans l’intérêt supérieur de la Nation béninoise et pour la sécurité de la sous-région Ouest-africaine, le Rassemblement des Démocrates à l’écoute du Peuple (RaDEP) donne un ultimatum de 15 jours aux forces armées françaises de quitter le territoire du Bénin », tel était l’un des messages d’Apollinaire Adjallah.

Après la lecture de ces propos, le prévenu avait reconnu être l’auteur de ces messages et exprimé des regrets, expliquant que son intention n’était pas d’inciter à la rébellion. « Je ne me vois pas chômeur depuis six (6) mois appeler à la rébellion. Je suis dans le regret total », avait-il plaidé, visiblement abattu. Son avocat, Me Barnabé Gbago, avait plaidé pour la clémence de la Cour, estimant que son client avait agi par amusement en publiant les messages sur les réseaux sociaux.

Le verdict final a donc été rendu le 20 mars 2025, avec la condamnation d’Apollinaire O. Adjallah à sept (7) mois de prison ferme et une amende de 500 000 FCFA.

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