Renforcement de la prise en charge des victimes de VBG au Bénin : plaidoyer pour l’ouverture de tous les services du CIPEC les weekends et jours fériés

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La Jeune Chambre Internationale Bénin (JCI Bénin), en partenariat avec le Réseau Ouest-Africain des Jeunes Leaders des Femmes (ROAJELF) et avec le soutien financier de Médecins du Monde et AMC Canada, a organisé le mardi 25 février 2025 un atelier d’élaboration de messages de plaidoyer en faveur d’une meilleure accessibilité aux services des Centres de Prise en Charge Intégrée des Survivant.e.s de Violences Basées sur le Genre (CIPEC-VBG) à Cotonou. L’atelier s’est tenu à l’Espace J Réside, sis à Gbèdjromédé, réunissant divers acteurs du continuum de lutte contre les VBG. L’objectif principal de cette initiative est d’inciter les autorités politico-administratives à prendre des mesures pour assurer l’ouverture de ces centres les weekends et les jours fériés, permettant ainsi aux victimes d’accéder aux soins en tout temps.

Ces dernières années, des efforts considérables ont été déployés dans la lutte contre les VBG au Bénin. Des sensibilisations ont été menées auprès des populations pour encourager les victimes et leurs proches à dénoncer ces actes. Si les dénonciations se multiplient progressivement, un problème majeur demeure : la prise en charge des victimes n’est pas systématiquement assurée, notamment en raison de la fermeture des CIPEC les weekends et les jours fériés.

Un autre obstacle freine également l’accès des survivant.e.s aux soins : la complexité de la procédure de remboursement du certificat médical, indispensable pour le déclenchement de la prise en charge. Cette exigence financière constitue un frein pour de nombreuses victimes qui n’ont pas les moyens de l’obtenir, retardant ainsi leur accès aux services essentiels de soutien médical, psychosocial et juridique.

Pourtant, le gouvernement a déjà mis en place un dispositif complet pour accompagner les survivant.e.s de VBG à travers un arrêté interministériel depuis 2022. Les services du CIPEC- offrent une assistance psychosociale, des soins médicaux, ainsi qu’un accompagnement juridique. Cependant, l’indisponibilité des services en dehors des jours ouvrables freine l’accès aux soins, laissant de nombreuses victimes sans soutien immédiat. Or, les violences ne préviennent pas avant de survenir.

Un plaidoyer adressé au maire de la ville de Cotonou et président de l’ANCB

Face à cette situation, la JCI Bénin et ses partenaires ont initié cet atelier afin de mobiliser les acteurs impliqués dans la lutte contre les VBG : la police républicaine, les leaders religieux, les responsables des structures sanitaires, les responsables du CIPEC et les chefs de quartiers. Tous ces acteurs, qui jouent un rôle crucial dans le processus de dénonciation et d’accompagnement des victimes, ont participé activement à la rédaction de messages adressés aux autorités communales, préfectorales et ministérielles.

Le plaidoyer est spécifiquement adressé au maire de de la ville de Cotonou, qui est également le président de l’Association Nationale des Communes du Bénin (ANCB). L’objectif est d’obtenir une décision communale ou ministérielle permettant aux CIPEC VBG d’assurer la permanence les weekends et jours fériés. L’enjeu est de garantir que toute victime puisse accéder aux soins de prise en charge à tout moment, quel que soit le jour où les violences ont lieu.

Une mobilisation collective pour une réforme durable

L’atelier, animé par Elvis SERIKI, a également vu la participation du Ministère des Affaires Sociales et de la Microfinance ainsi que du Guichet Unique de Protection Sociale (GUPS), soulignant ainsi l’engagement des institutions publiques dans ce plaidoyer.

Cette session de travail a permis d’élaborer des messages clairs et structurés à destination des décideurs. L’étape suivante consistera à lancer une vaste campagne de communication afin de sensibiliser davantage les autorités sur cette problématique et d’obtenir des engagements concrets en faveur de l’ouverture des CIPEC tous les jours de la semaine.

Tous les participants à cet atelier espèrent désormais que ce plaidoyer aboutira à une réforme permettant une prise en charge sans interruption des victimes, afin de rendre la lutte contre les violences basées sur le genre plus efficace avec des services de prises en charge intégrée réellement accessibles. [Cliquez-ici pour plus d’informations]

Abbas TITILOLA

© BÉNIN-NEWS, l’information autrement

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