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Cameroun : L’insécurité et le climat condamnent des millions de personnes à la crise alimentaire

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Au Cameroun, la lueur d’espoir traditionnellement apportée par les récoltes s’estompe face à la dure réalité du terrain. Les dernières prévisions du Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine (Fews Net) sont alarmantes : dans plusieurs régions clés du pays, la production agricole s’avère dramatiquement insuffisante pour extraire les populations de la malnutrition et de la précarité alimentaire, une situation critique qui devrait s’enliser au moins jusqu’à l’automne 2026.

Dans la partie septentrionale du pays, notamment au sein des départements du Mayo-Sava, du Mayo-Tsanaga et du Logone-et-Chari, l’activité continue des groupes terroristes, à l’instar de l’Iswap, a paralysé les cycles agricoles traditionnels. Privés d’accès sécurisé à leurs terres, les agriculteurs n’ont pu mener à bien les travaux de préparation de la campagne principale.
À ce climat d’insécurité s’ajoute un étranglement économique : les ventes issues des cultures de contre-saison ne génèrent que de maigres revenus, alors même que la période de soudure provoque une flambée saisonnière des prix des denrées sur les marchés. Les perspectives sont d’autant plus sombres que les inondations attendues dès le mois de juillet menacent d’aggraver les déplacements de population et d’accentuer la vulnérabilité des ménages.

Un répit en trompe-l’œil pour les zones anglophones

Plus au sud, dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les récoltes de juin (riches en maïs, tubercules et légumineuses) offrent une bouffée d’oxygène bienvenue pour stabiliser temporairement la consommation des foyers. Toutefois, ce soulagement s’arrête là où la violence persiste. Dans les bastions des mouvements sécessionnistes, tels que le Lebialem, le Ndian, la Menchum, la Momo ou le Bui, l’impact des conflits annule les bénéfices de la terre, maintenant les civils dans une détresse profonde.

Les centres urbains asphyxiés par l’inflation

La crise ne se cantonne plus aux zones de conflit. À Yaoundé et Douala, les deux principales métropoles, la vie quotidienne est devenue un défi pour les déplacés internes et les classes populaires. Ces populations subissent de plein fouet une inflation généralisée, largement alimentée par l’explosion des coûts du transport maritime et logistique international.
Alors que les besoins humanitaires atteignent un sommet historique sur l’ensemble du territoire national, la réponse internationale s’essouffle en raison d’un manque criant de financements. Selon les projections conjointes des agences onusiennes, dont le Programme alimentaire mondial (PAM), et du gouvernement camerounais, près de 2,9 millions d’individus pourraient basculer dans l’insécurité alimentaire au cours de l’année.

beninnews.bj, l’information autrement.

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