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Kenya : un mort dans des émeutes contre un centre de quarantaine Ebola destiné aux Américains

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La tension a franchi un cap dramatique à Nanyuki, dans le centre du Kenya. Hier mardi 9 juillet 2026, la police a abattu un homme lors de violents affrontements avec des centaines de manifestants. Le chantier d’un centre d’isolement financé par Washington a été pris d’assaut par une foule en colère, opposée au projet.

Habituellement paisible, la ville touristique Nanyuki située au pied du Mont Kenya est devenue le théâtre de scènes de guérilla urbaine. Revêtus pour certains de combinaisons de protection et transportant un cercueil factice marqué « Ebola », les manifestants ont érigé des barricades et incendié des pneus. Face aux jets de pierres, les forces de l’ordre ont répliqué par des tirs massifs de gaz lacrymogènes et des tirs à balles réelles.

Un manifestant a été tué d’une balle dans la tête, son corps ayant été évacué sans ménagement par la police. Un autre a été blessé par un projectile de gaz lacrymogène. Ce drame s’ajoute à la mort de deux autres protestataires, déjà tués par balle le 1er juin dernier lors d’un précédent rassemblement devant la base aérienne de Laikipia, où le centre de 50 lits est en passe d’être achevé.

Le refus de servir de « décharge » sanitaire

Au cœur de la révolte se trouve un profond sentiment d’indignation face à la politique des États-Unis. Les riverains n’acceptent pas que Washington externalise le risque sanitaire en refusant de soigner ses propres citoyens sur son sol. « Nous disons aux Américains qu’ils peuvent prendre leur Ebola et le ramener dans leur pays. Pourquoi pensent-ils que notre pays est une décharge ? » s’insurge Priscilla Waimani, une créatrice de contenus de 47 ans présente sur les lieux.

La peur est d’autant plus vive que le Kenya n’a jamais enregistré le moindre cas d’Ebola de son histoire et ne partage aucune frontière avec la RDC. Pour les habitants, importer des patients potentiels est un risque inutile et injustifiable.

Un bras de fer politique et diplomatique

Cette crise locale cache une fracture politique majeure à Nairobi : la justice face à l’exécutif. Saisie par les opposants au projet, la justice kenyane a ordonné la suspension des travaux au nom de « l’intérêt commun ». Par contre, le président kenyan a choisi d’ignorer cette décision. Il assume la poursuite du projet, invoquant une « dette » envers Washington.

En échange de l’ouverture de ce centre et d’un accord bilatéral controversé donnant aux États-Unis un accès aux données de santé kenyanes, Washington a promis une aide de 13,5 millions de dollars.

Le spectre d’Ebola en Afrique de l’Est

Si l’Organisation mondiale de la santé (OMS) refuse de trancher ce différend diplomatique, son porte-parole, Tarik Jasarevic, a tout de même rappelé une règle d’or : « Vous ne pouvez pas réussir vos efforts de préparation ou de réponse si vous n’avez pas la communauté avec vous. ». Pendant ce temps, l’épidémie progresse dans la région.

Les derniers chiffres de l’OMS font état de 550 cas confirmés et 101 décès en RDC, tandis que l’Ouganda voisin recense déjà 19 cas, dont deux mortels. Une réalité sanitaire critique que les manifestants de Nanyuki refusent de voir franchir leurs portes pour les intérêts de Washington.

beninnews.bj, l’information autrement.

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