Le bras de fer diplomatique entre le Niger et le Bénin amorce son dénouement.
Ce vendredi 5 juin 2026, le Premier ministre nigérien, Ali Mahamane Lamine Zeine, a officialisé la création d’un comité d’experts chargé de planifier la réouverture de la frontière terrestre commune. Ce groupe de travail dispose de quinze jours pour soumettre une feuille de route concrète.
Cette décision marque le premier signal tangible d’une normalisation des relations bilatérales, gelées depuis le coup d’État de juillet 2023 à Niamey.
Cette avancée s’inscrit dans la suite logique de la récente visite officielle à Niamey du président béninois, Romuald Wadagni. Son tête-à-tête avec le général Abdourahamane Tiani a scellé une volonté commune de briser la glace, de rétablir la confiance mutuelle et de lever les barrières qui paralysaient le transit frontalier depuis près de trois an.
Un impératif économique pour les deux nations
La fin du blocus frontalier répond à une urgence économique partagée :
Pour le Niger : En tant que pays enclavé, le corridor menant au port de Cotonou est une artère vitale pour ses importations. Si l’évacuation du brut nigérien via le terminal maritime de Sèmè-Kpodji avait déjà repris en 2024, le blocage des routes terrestres continuait d’asphyxier les commerçants et les transporteurs locaux.
Pour le Bénin : La fermeture prolongée a lourdement impacté les finances publiques à travers la baisse des recettes portuaires.
Elle a également plongé les économies des villes frontalières, à l’instar de Malanville et Gaya, dans une profonde léthargie.
Le compte à rebours est désormais lancé. Les propositions du comité nigérien d’ici la mi-juin détermineront les modalités pratiques de ce redémarrage tant attendu des flux humains et marchands.
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