Une affaire pour le moins surprenante secoue l’État d’Edo, au Nigeria. Une femme de 45 ans, présentée comme victime d’un enlèvement, aurait en réalité organisé sa propre disparition avec l’aide de plusieurs complices afin de soutirer 50 millions de nairas à sa famille. La police a arrêté quatre personnes et récupéré l’arme utilisée dans les vidéos censées prouver sa captivité.

L’affaire débute le 1er juin 2026 à Benin City, dans l’État d’Edo. Tony Ugbowan se présente à la police pour signaler la disparition de son épouse, Oluchi Ugbowan, âgée de 45 ans.
D’après son témoignage, la femme aurait été enlevée alors qu’elle se rendait à son commerce situé à Ramat Park, le long d’Agbor Road. Quelques jours auparavant, le 28 mai, la famille avait reçu un appel provenant d’un numéro masqué. L’interlocuteur réclamait alors 50 millions de nairas en échange de la libération de la prétendue victime.
Un premier suspect fait des révélations
Face à cette demande de rançon, les enquêteurs de l’Unité de lutte contre les enlèvements de la police d’Edo ouvrent rapidement une enquête.
Les investigations conduisent à l’arrestation d’Israel Ability, 28 ans, à Ramat Park. Les policiers découvrent notamment qu’il détient le téléphone de la femme supposément kidnappée.
Interrogé par les enquêteurs, le jeune homme finit par livrer une version très différente de celle présentée à la famille. Il affirme avoir été recruté par Oluchi Ugbowan elle-même pour négocier la rançon et faire croire à ses proches qu’elle avait été enlevée.
La prétendue victime retrouvée dans un hôtel
La piste conduit ensuite les enquêteurs dans l’État voisin du Delta.
Le 5 juin, les policiers retrouvent Oluchi Ugbowan dans un hôtel situé dans la zone de gouvernement local d’Ukwuani. Interrogée, la femme aurait reconnu avoir elle-même organisé son enlèvement.
Elle conduit alors les enquêteurs vers le domicile d’un autre suspect, Ochukwudem Uwadia, âgé de 38 ans.
Des vidéos mises en scène pour convaincre la famille
C’est dans cette résidence que les enquêteurs découvrent le lieu utilisé pour fabriquer les preuves de la prétendue captivité.

Selon la police, des vidéos y avaient été tournées avec Oluchi Ugbowan, les mains et les pieds attachés. Les images étaient ensuite transmises à sa famille afin de rendre le scénario de l’enlèvement plus crédible.
La police affirme également que Chibuzor Ochukwudem, 18 ans, fils d’Uwadia, apparaissait dans les vidéos en pointant une arme à feu sur la tête de la femme.
Une perquisition menée dans les lieux a permis aux enquêteurs de récupérer un fusil de type pump-action, présenté comme l’arme utilisée lors de l’enregistrement des vidéos de rançon.
Quatre suspects interpellés
Au total, quatre personnes ont été arrêtées dans le cadre de cette affaire. Elles sont soupçonnées d’avoir participé à la mise en scène destinée à tromper la famille et à obtenir frauduleusement une importante somme d’argent.
Le commissaire de police de l’État d’Edo, Monday Agbonika, a salué le travail des enquêteurs, estimant que leur intervention a permis de révéler rapidement les dessous de cette opération.
Il a également averti que les fausses affaires d’enlèvement constituent de graves infractions et mobilisent inutilement les forces de sécurité, alors que celles-ci doivent également intervenir auprès de véritables victimes.
La police appelle par ailleurs les citoyens à signaler rapidement tout fait suspect aux autorités et à éviter tout comportement susceptible de provoquer inutilement la panique au sein de la population.
benin-news.com, l’information autrement.
