« Il nous faut des Ibrahim Traoré au Bénin » : une publication Facebook qui risque la prison à un agronome béninois
Un agronome béninois est poursuivi devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) pour une publication faite sur les réseaux sociaux, jugée sensible par les autorités. L’affaire, examinée lors d’une audience tenue le jeudi 30 avril 2026, a conduit le parquet à requérir une peine de prison ferme et une lourde amende.
Selon les informations de Libre Express, tout est parti d’un message posté sur le compte Facebook personnel du prévenu. Dans sa publication, il aurait écrit : « il nous faut des Ibrahim Traoré au Bénin », en référence au capitaine Ibrahim Traoré, président de transition du Burkina Faso, arrivé au pouvoir à la suite d’un coup d’État en 2022. Le contenu du post a rapidement suscité de nombreuses réactions sur la plateforme. Plusieurs internautes ont signalé la publication aux autorités compétentes, notamment au Centre national d’investigations numériques (CNIN) qu’ils ont tagué en commentaire sous la publication.
À la suite de ces signalements, une procédure a été ouverte. Le jeune agronome a été interpellé puis placé en détention provisoire, avant d’être présenté devant le parquet spécial de la CRIET.
Des poursuites pour cybercriminalité et incitation
Devant la juridiction spéciale, il est poursuivi pour harcèlement par voie électronique et incitation à la violence, des infractions prévues par la législation sur le numérique. À la barre, le ministère public a estimé que les propos publiés sur les réseaux sociaux pouvaient être interprétés comme une incitation à des comportements violents ou à des troubles à l’ordre public. Le représentant du parquet a alors requis une peine de douze mois d’emprisonnement ferme, ainsi qu’une amende de cinq millions de francs CFA à l’encontre du prévenu.
De son côté, l’avocat de l’agronome a contesté les charges retenues contre son client. Il a plaidé la relaxe, estimant que les faits ne sauraient être qualifiés de manière aussi sévère et invoquant le bénéfice du doute.
Après avoir entendu les deux parties, la Cour a décidé de renvoyer sa décision. Le verdict est attendu pour le mois de juin 2026. En attendant, le prévenu demeure en détention provisoire.
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