Le Bénin entre dans une nouvelle phase politique et économique avec l’accession de Romuald Wadagni à la magistrature suprême. Artisan des réformes économiques des dernières années, le président élu hérite d’une économie globalement solide, mais confrontée à une exigence majeure : faire en sorte que les performances macroéconomiques se traduisent davantage dans le quotidien des populations.
Au cours de la dernière décennie, le pays a enregistré une croissance régulière estimée entre 6 % et 7 %, avec un pic récent dépassant le seuil symbolique des 7 %. En 2023, le taux était évalué à environ 6,3 %, dans un contexte international marqué par des chocs successifs, notamment la pandémie de Covid-19 et les tensions sur les marchés mondiaux.
Malgré ces perturbations, l’inflation est restée globalement maîtrisée, oscillant entre 2 % et 3 %. Pour le président élu, ces résultats traduisent une trajectoire économique atypique. « Ce que nous avons accompli ces dix dernières années, beaucoup croyaient que ce n’était pas faisable », a-t-il déclaré lors de la présentation de son projet de société. Il a également mis en avant la rigueur budgétaire du pays durant la crise sanitaire : « Le Bénin a été quasiment le seul à dire non aux annulations de dette pendant la Covid », a-t-il affirmé, justifiant une approche fondée sur la responsabilité financière et la souveraineté économique.
Une crédibilité renforcée auprès des investisseurs
Cette discipline a contribué à renforcer la confiance des marchés financiers. Depuis 2019, le Bénin a levé plus d’un milliard d’euros sur les marchés internationaux, avec notamment 500 millions d’euros en 2021 et 750 millions en 2022, une opération largement sursouscrite. Sur le marché régional de l’UEMOA, les émissions de titres publics continuent d’enregistrer des taux de couverture supérieurs à 100 %, signe d’un intérêt constant des investisseurs. Même en période électorale, la capacité de mobilisation des ressources est restée stable, traduisant une certaine continuité économique.
Ces financements ont permis la réalisation de projets structurants, notamment la modernisation du Port autonome de Cotonou et le développement de la zone industrielle de Glo-Djigbé, pensée comme un pôle de transformation industrielle susceptible de générer à terme plusieurs centaines de milliers d’emplois.
Le budget national, lui, a connu une évolution significative, passant d’environ 1 000 milliards de francs CFA il y a dix ans à plus de 3 000 milliards aujourd’hui. « Nous sommes désormais prêts à aborder la deuxième étape de notre développement », a déclaré Romuald Wadagni.
Le défi central de l’inclusion sociale
Si les indicateurs macroéconomiques sont jugés encourageants, le président élu reconnaît néanmoins les limites de cette dynamique. « Tant qu’il reste un Béninois qui n’a pas encore senti les fruits de la croissance dans son ménage, c’est qu’il reste encore du travail à faire », a-t-il souligné. Le futur mandat place ainsi la lutte contre l’extrême pauvreté au centre des priorités. L’accès à l’alimentation, à l’eau potable, aux soins, au logement et à l’emploi figure parmi les axes majeurs du programme annoncé.
Romuald Wadagni a illustré cette réalité sociale par une situation personnelle : celle d’un jeune diplômé sans emploi, resté plus de 24 heures sans manger. Une scène qu’il considère comme révélatrice des écarts persistants entre les performances économiques et le vécu quotidien. « La réalité de l’extrême pauvreté est un défi que nous pouvons affronter ensemble », a-t-il insisté, appelant à une action publique plus inclusive et plus proche des populations.
Entre continuité économique et impératif social
Le nouveau chef de l’État entend maintenir la dynamique de croissance tout en renforçant la redistribution des richesses. L’enjeu est double : préserver la confiance des investisseurs et accélérer l’amélioration des conditions de vie des citoyens.
Dans un environnement mondial incertain, marqué par des crises récurrentes, la trajectoire du Bénin est présentée comme un acquis à consolider. « De la même manière que nous avons montré que nous étions capables de nous relever, nous serons capables d’affronter le défi de l’extrême pauvreté », a assuré Romuald Wadagni.
La véritable épreuve du nouveau mandat résidera ainsi dans la capacité du pays à transformer ses performances économiques en progrès social durable et tangible pour l’ensemble des populations.
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