Union civile et sacre symbolique au Bénin : le Roi Fifa et la Reine Dona redéfinissent la royauté africaine
Dans une atmosphère empreinte de solennité et de profonde symbolique, le monde traditionnel béninois a été témoin d’un événement hors du commun : l’union civile du Roi Fifa et de la Reine Dona. Plus qu’un simple mariage, cette cérémonie s’impose comme un acte fondateur, mêlant reconnaissance légale, affirmation spirituelle et ouverture vers la diaspora afro-descendante.
C’est sous l’autorité de Dominique Brutus, Chargée d’Affaires de l’Ambassade de la République d’Haïti près le Bénin, que cette union a été officiellement consacrée devant la loi. Dans un cadre chargé d’histoire, les hymnes nationaux du Bénin et d’Haïti ont résonné, traduisant la portée symbolique de ce moment : une alliance entre la terre mère et sa diaspora.
Entre héritage ancestral et affirmation identitaire
Le parcours de la Reine Dona confère à cette union une dimension singulière. Ancienne sœur au sein de l’Église catholique romaine, elle a choisi de répondre à un appel profond de ses origines ancestrales. Cette transformation spirituelle l’a conduite vers le Roi Fifa, avec qui elle partage une vision commune de réhabilitation culturelle et identitaire.

Ensemble, ils ont fondé la Congrégation Ancestrale et Spirituelle d’Haïti (CASH), devenue une organisation influente disposant de représentations à Haïti et à Miami, aux États-Unis. Leur engagement s’inscrit dans une dynamique de valorisation des traditions africaines et afro-descendantes.
Naturalisés citoyens béninois grâce à l’Agence pour l’Assistance au Retour des Afro-descendants, dirigée par Aubierge Olivia Lucette Hungbo, les deux souverains ont été couronnés le 25 janvier 2025 à Allada par Sa Majesté Dadah Kpodégbé Toyi Djigla, Roi d’Allada. Une consécration qui a renforcé leur position dans le paysage traditionnel béninois.
Une cérémonie marquée par une forte présence royale et institutionnelle
L’événement a rassemblé un important parterre de personnalités issues des chefferies traditionnelles, du monde spirituel et de la société civile. Parmi elles figuraient Sa Majesté Iloufèmiloyé Agounloye II, Roi de Sakété, accompagné de sa délégation ; Sa Majesté Obouka ; Dah Tognon Akpahounka, Conseiller spirituel et chargé de la sécurité personnelle du Roi d’Allada ; Sa Majesté Oniko et sa suite ; le vénérable Houngan Hounnon Zinvô ; la Reine Gbêwêto Charisma ; Sa Majesté Houézrèhou, Roi de Bonou ; Son Altesse Nan Allèwamon ; Sa Majesté Awhanga, Roi du Bénin au Congo ; Taïrou Aboubacar ; ainsi que le sage Bokonon Agouwaxossou Gléssougbé, entre autres dignitaires.

On notait également la présence de figures de la société civile et de proches du couple, dont Janvier Arneau Agossou et son épouse, témoins de la cérémonie, Martine Montaubon, Assistante des Afro-descendants, Aubierge Olivia Lucette Hungbo, l’écrivain Julien T. Houndolo, l’avocat Me Elie Dovonou, le Commandant Charles Soholou, ainsi que Wilfrid Nobime et Rodrigue Ahoton.
Ce large rassemblement témoigne de l’intérêt et de l’impact symbolique de cette union, perçue par certains comme une invitation adressée aux autorités traditionnelles à évoluer vers une reconnaissance plus formelle des actes civils.
Au-delà de l’union de deux souverains, cette cérémonie apparaît ainsi comme un manifeste. Le Roi Fifa et la Reine Dona y ont réaffirmé leur volonté de promouvoir le Vodun comme identité culturelle assumée et patrimoine à préserver et à diffuser entre le Bénin, Haïti et la diaspora.
L’événement s’est achevé dans une ambiance empreinte d’allégresse et de communion, laissant l’image d’une royauté en mutation, à la fois enracinée dans la tradition et résolument tournée vers la modernité.
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