CRIET : la demande de liberté provisoire de Maître Magloire Yansunu rejetée

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Placée en détention provisoire depuis le 13 avril 2026, Maître Magloire Yansunu a comparu ce lundi 27 avril devant la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET). L’avocat est poursuivi pour abus de fonction et blanchiment de capitaux rapporte BipRadio.

Au cœur de l’affaire, deux de ses clients l’accusent d’avoir retenu, sans les en informer, des fonds issus de procédures de licenciement, pour un montant estimé près de 10 millions de francs CFA.

Dès l’ouverture de l’audience, le substitut du procureur s’est opposé à la demande de mise en liberté provisoire introduite par la défense le 20 avril, requérant son rejet. Une position contestée par les avocats de Me Yansunu, qui affirment que leur client présente toutes les garanties de représentation. « Il est inscrit au barreau, dispose d’un domicile fixe, a proposé une hypothèque sur un bien évalué à 200 millions de francs CFA et a déjà consigné 9 millions correspondant aux fonds en litige », a plaidé l’ancien bâtonnier, Me Prosper Ahounou.

La défense a également soulevé l’incompétence de la CRIET, estimant que le dossier devrait relever du bâtonnier et du président de la cour d’appel. Malgré ces arguments, la Cour a décidé de poursuivre les débats et de maintenir le prévenu en détention.

Interrogé à la barre, Me Yansunu a été confronté à un courrier adressé à l’un de ses clients, dans lequel il affirmait ne pas avoir reçu de fonds, alors qu’un chèque de 16 millions de francs CFA avait été encaissé trois mois plus tôt.

Pour sa défense, l’avocat évoque une « clause de secret » convenue avec son client, qui lui aurait demandé de ne pas informer sa famille de la perception des fonds, afin d’éviter d’éventuelles pressions. « J’ai agi dans un cadre professionnel », a-t-il assuré, précisant qu’il devait conserver les sommes et les restituer à la demande du client.

Les conseils de l’accusé ont par ailleurs mis en avant une relation professionnelle de longue date avec le plaignant, un ingénieur des mines, évoquant près de 17 années de collaboration, marquées selon eux par des honoraires non entièrement réglés dans un autre dossier.

Me Yansunu a également exprimé des doutes quant à l’origine de la plainte, estimant que son client, affaibli par la maladie, n’en serait pas l’initiateur direct. Il soupçonne plutôt son fils, présent à l’audience, d’avoir engagé la procédure — une version rejetée par ce dernier.

Face à ces versions contradictoires, la Cour a décidé de convoquer le plaignant, résidant à Bohicon. Son audition est prévue pour le 4 mai prochain, afin d’éclairer davantage les faits, rapporte Bip Radio.

Amac Roland SIKO

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