
Un ressortissant français de 62 ans, Chan Thao Phoumy, a été exécuté le samedi 4 avril 2026 à Guangzhou, dans le sud de la Chine, après avoir été condamné à mort pour trafic de drogue. Cette exécution, malgré les démarches diplomatiques de la France, suscite une vive réaction de Paris et relance le débat sur la peine capitale.
Arrêté en 2005 lors d’une vaste opération antidrogue, Chan Thao Phoumy était accusé d’être impliqué dans un réseau international de production et de trafic de méthamphétamine. Selon plusieurs sources concordantes, ce réseau aurait produit et distribué d’importantes quantités de drogue dans plusieurs provinces chinoises, notamment entre la fin des années 1990 et le début des années 2000.
Initialement condamné à la prison à vie, le ressortissant français a vu sa peine aggravée à la suite de nouveaux éléments à charge, conduisant à une condamnation à mort prononcée en 2010. Il aura ainsi passé plus de quinze ans dans le couloir de la mort avant que la sentence ne soit exécutée.
Malgré les interventions répétées des autorités françaises pour obtenir une grâce présidentielle ou une commutation de peine, la justice chinoise est restée inflexible. Le ministère français des Affaires étrangères a exprimé sa « consternation » après l’annonce de l’exécution, tout en dénonçant des manquements dans la procédure judiciaire. Selon Paris, la défense du condamné n’aurait pas eu accès à la dernière audience, soulevant des interrogations quant au respect de ses droits.
La France a par ailleurs réaffirmé son opposition « en toutes circonstances » à la peine de mort et a renouvelé son appel à son abolition universelle. Des condoléances ont été adressées à la famille du défunt.
De son côté, la Chine a défendu la légalité de la procédure, insistant sur le fait que la lutte contre le trafic de drogue constitue une priorité nationale majeure. Les autorités chinoises affirment que leur système judiciaire s’applique de manière égale à tous, sans distinction de nationalité.
Cette exécution intervient dans un contexte où la Chine continue d’appliquer strictement la peine capitale, y compris à l’encontre de ressortissants étrangers. Bien que les chiffres officiels restent confidentiels, des organisations de défense des droits humains estiment que des milliers d’exécutions sont réalisées chaque année dans le pays.
Au-delà du cas individuel, cette affaire met en lumière les divergences profondes entre la Chine et plusieurs pays occidentaux, notamment sur la question des droits humains et de l’usage de la peine de mort, ravivant ainsi les tensions diplomatiques entre Pékin et Paris.
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