
Le Premier ministre sénégalais critique publiquement son ami et président Bassirou Diomaye Faye

Le vernis de l’unité au sommet de l’État sénégalais semble se fissurer. Dans une sortie aussi inattendue que retentissante, le Premier ministre Ousmane Sonko a ouvertement critiqué le président Bassirou Diomaye Faye, évoquant un grave « problème d’autorité » à la tête du pays. Une déclaration qui révèle des tensions jusque-là contenues au sein du pouvoir issu de la coalition victorieuse de mars 2024.
C’est lors de l’installation du Conseil national du parti PASTEF que le ton est monté. Ousmane Sonko, leader charismatique du parti et actuel chef du gouvernement, n’a pas mâché ses mots :
« Le Sénégal a un problème d’autorité, une absence d’autorité. »
Un tacle assumé à l’endroit de son propre allié politique, le président Bassirou Diomaye Faye. Pour beaucoup, cette sortie symbolise un malaise profond et une lutte de leadership entre les deux figures les plus puissantes du régime.
🔥 Une frustration personnelle et politique
Au cœur de cette critique, Sonko exprime un sentiment de solitude et d’injustice face aux attaques incessantes qu’il dit subir.
« Je suis victime d’attaques incessantes. Ceux qui m’attaquent ne sont jamais inquiétés. Mais s’il s’agit du président, des instructions sont données », s’est-il indigné.
Le Premier ministre regrette ce qu’il perçoit comme un double standard dans la gestion des critiques et des opposants. Il affirme que le chef de l’État ne prend pas ses responsabilités et ne le soutient pas dans ses fonctions exécutives.
« J’interpelle le président Bassirou Diomaye Faye pour qu’il prenne ses responsabilités, sinon qu’il me laisse faire », a-t-il martelé devant un public médusé.
🤝 Vers un divorce Sonko – Diomaye ?
Cette déclaration marque un tournant politique majeur. Jusqu’ici, le duo Diomaye-Sonko semblait incarner une entente solide et complémentaire. Leur victoire à la présidentielle de 2024, suivie d’une large majorité obtenue aux législatives anticipées de novembre 2024, laissait entrevoir une gouvernance unie et ambitieuse.
Mais à peine 15 mois après leur installation, cette sortie jette un froid. Elle laisse planer le doute sur la solidité du partenariat politique entre les deux hommes, notamment sur la répartition des rôles et des responsabilités. D’autant que le président Diomaye Faye est actuellement en visite diplomatique aux États-Unis, loin de la scène politique locale en ébullition.
📉 Un malaise plus profond au sein du PASTEF ?
Au-delà des personnes, cette crise illustre peut-être une tension idéologique plus large au sein du PASTEF. Faut-il gouverner de manière collégiale ou plus verticale ? Faut-il accélérer les réformes ou adopter une posture plus institutionnelle ?
Ousmane Sonko semble reprocher au président un excès de prudence, voire une tiédeur dans la mise en œuvre des engagements de rupture annoncés pendant la campagne. Il réclame plus de liberté d’action et de fermeté face à l’opposition et aux adversaires politiques.
🕊️ Quelles conséquences pour le pouvoir ?
Cette passe d’armes publique pourrait avoir plusieurs conséquences :
Un réaménagement gouvernemental ? Diomaye Faye pourrait décider de reprendre la main en modifiant la composition du gouvernement, voire en écartant Sonko si les tensions s’aggravent.
Une fracture au sein du PASTEF ?
Les militants et cadres du parti pourraient se diviser entre les fidèles à Sonko et les défenseurs du président, affaiblissant ainsi la majorité.
Une crise de gouvernance ?
Dans un pays encore marqué par une alternance historique, cette querelle interne pourrait ralentir les réformes et semer le doute chez les partenaires internationaux et les investisseurs.
🔍 En attendant le retour de Diomaye
Le président Diomaye Faye est attendu à Dakar dans les prochains jours. Sa réaction sera scrutée de très près, tant par les citoyens que par la classe politique. Ignorera-t-il la pique de son Premier ministre ? Tendra-t-il la main ou préparera-t-il une riposte politique ?
Une chose est sûre : cette sortie de Sonko ne passera pas inaperçue. Elle ouvre une nouvelle page dans la vie politique sénégalaise, où même les alliances les plus fortes ne sont pas à l’abri de l’usure du pouvoir.
Cette crise sera-t-elle un simple orage passager ou le début d’une recomposition politique majeure au Sénégal ? Les jours à venir seront décisifs. Affaire à suivre.
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